Mécanismes physiologiques sous-jacents au Mouvement Respiratoire Primaire (MRP) et à l’Impulsion Rythmique Crânienne (IRC) en ostéopathie : une revue narrative de la littérature, François Mériaux, Laurent Stubbe, Alice Guyon (2025)
Traduit en Français par François Mériaux (fm@osteo-animalier.com)
https://doi.org/10.32388/S6IGL0
Résumé
L’Impulsion Rythmique Crânienne (IRC), ou Mécanisme Respiratoire Primaire (MRP), un rythme perçu par les ostéopathes à la surface de la peau, est un concept fondamental que certains d’entre eux utilisent dans leur pratique pour leur diagnostic et leur traitement.
Cependant, la base physiologique de ce phénomène reste peu claire.
Sutherland, fondateur de l’ostéopathie crânienne, a proposé en 1939 une théorie qui est restée dogmatique, malgré les avancées scientifiques qui l’ont réfutée.
Depuis 1990, certains ostéopathes ont essayé de trouver de meilleures explications, comme celles présentées dans une précédente revue systématique.
Dans cette revue narrative, nous revenons d’abord sur chaque pilier de la théorie de Sutherland, en les analysant à la lumière des études scientifiques les plus récentes afin d’évaluer si la recherche contemporaine soutient ou remet en question ses idées.
Après avoir montré que ce modèle est incohérent avec les données scientifiques actuelles, nous explorons les connaissances actuelles sur les mécanismes physiologiques sous-jacents au MRP/IRC.
L’hypothèse la plus plausible pour expliquer cela repose sur la variation de la matrice extracellulaire et de la texture fasciale, influencée par les oscillations rythmiques de la pression sanguine (ondes de Traube Hering et Mayer), et par l’interaction d’autres rythmes physiologiques (ventilation, baroréflexe, variabilité de la fréquence cardiaque…).
Enfin, nous discutons de la pertinence et des applications pratiques du MRP en ostéopathie.
Tandis que le modèle de Sutherland continue de prévaloir dans les croyances dominantes, la littérature scientifique a mis de plus en plus l’accent sur l’activité du système autonome comme hypothèse principale.
Cette analyse narrative souligne la nécessité d’un changement de paradigme concernant l’IRC/MRP en ostéopathie, en plaidant pour une communication plus claire d’un modèle aligné sur les données scientifiques les plus récentes.
Introduction
Le terme Mécanisme Respiratoire Primaire (MRP) est couramment utilisé par certains ostéopathes pour décrire la sensation palpatoire d’un rythme physiologique à la surface de la peau [1].
Il peut être utilisé pour leur diagnostic et leur traitement.
Il est décrit comme ayant deux phases, une phase d’expansion (inspiration) et une phase de contraction (expiration) [2][3].
Il est différent de la respiration puisqu’il reste perceptible lorsque le patient retient sa respiration [4].
Historiquement, l’ostéopathe qui l’a décrit en premier, William Garner Sutherland (1873-1954), a eu l’intuition que les sutures crâniennes étaient faites pour le mouvement et a imaginé un modèle basé sur cinq principes : la mobilité inhérente du système nerveux central et de la moelle épinière ; la fluctuation du liquide céphalo-rachidien (LCR) ; les membranes de tension réciproque ; la mobilité articulaire des os du crâne ; le mouvement involontaire du sacrum entre les os iliaques [2][3].
Sutherland a choisi le terme « Mécanisme Respiratoire Primaire » (MRP) pour mettre en évidence plusieurs aspects clés de son concept.
Le mot mécanisme indique que le MRP est un phénomène physiologique organisé, où plusieurs éléments interagissent de manière coordonnée.
Le terme respiratoire a été choisi par analogie avec la respiration pulmonaire, mais il se réfère à un processus différent.
Pour Sutherland, le MRP représentait une pulsation rythmique autonome dans le corps, essentielle à la vie et présente même en l’absence de respiration pulmonaire [2].
Il voulait souligner que le corps possède un mouvement périodique interne, indépendant des poumons, animant les tissus et les fluides.
Le mot primaire signifie que ce mécanisme serait présent dès le début de la vie embryonnaire et constituerait une fonction vitale fondamentale.
De nombreux ostéopathes utilisent aujourd’hui le terme MRP pour décrire les micromouvements avec lesquels ils travaillent.
De nombreux ostéopathes utilisent aujourd’hui le terme MRP pour décrire les micromouvements avec lesquels ils travaillent.
Cependant, pour être précis et rester fidèle à son sens d’origine, le terme Impulsion Rythmique Crânienne (IRC) devrait être utilisé lorsqu’on fait spécifiquement référence à la sensation palpatoire de ce rythme à la surface de la peau.
Cette terminologie a été introduite en 1961 par Woods et Woods, qui ont perçu un rythme à la surface de la tête.
Ils l’ont relié au MRP de Sutherland et ont tenté, sept ans après sa mort, de définir une plage de fréquence normale, ce que Sutherland lui-même n’avait jamais fait [5].
Pour certains ostéopathes, l’IRC et le MRP représentent le même mouvement, ressenti respectivement au niveau du cuir chevelu et dans le reste du corps.
La confusion entre ces deux termes est fréquente [6].
Cependant, cette distinction n’est pas dramatique, car l’IRC est considéré comme provenant du MRP.
Ainsi, la confusion largement répandue entre ces termes constitue essentiellement une simplification.
Le MRP reste l’explication historique de ce rythme particulier, qui est l’objet de cette revue [7][8].
Les cinq phénomènes sous-jacents au MRP ont été décrits pour la première fois par Sutherland dans The Cranial Bowl (1939) et ont ensuite été largement diffusés par son élève Harold Magoun, qui a publié Osteopathy in the Cranial Field en 1951.
Magoun a ensuite cherché à structurer les enseignements de Sutherland, en les rendant plus accessibles et reproductibles par la formalisation de techniques et de protocoles [2][3].
Cependant, Sutherland était quelque peu réticent à cette formalisation biomécanique, craignant qu’elle ne limite une compréhension plus profonde de son approche.
Alors qu’il considérait le mouvement crânien comme un processus holistique influencé par de multiples facteurs, Magoun, dans son effort de popularisation de ces idées, risquait de réduire cette complexité à un ensemble prédéfini de pratiques, en décrivant des mouvements et des techniques spécifiques.
Cette divergence a créé certaines tensions, Sutherland craignant que l’essence de son travail ne soit perdue [2][3].
Néanmoins, tel est l’héritage dont nous disposons aujourd’hui : les ostéopathes perçoivent un rythme supposé être associé aux mouvements des os du crâne et à d’autres phénomènes, et c’est précisément cette hypothèse que nous cherchons à réévaluer.
Avec ces clarifications à l’esprit, nous avons choisi d’associer systématiquement les termes MRP et IRC afin de nous aligner sur l’usage courant, en faisant référence au rythme typique perçu par les ostéopathes.
Le MRP/IRC est défini par ses trois composantes : amplitude, rythme et force.
Si ces trois composantes sont correctes, l’ostéopathe peut conclure que le patient, ou au moins la zone sur laquelle il se concentre, est bien équilibré.
Certains ostéopathes pensent que le MRP/IRC peut être utilisé comme un outil pour vérifier l’efficacité de chaque traitement ostéopathique, en le contrôlant après chaque technique appliquée jusqu’à ce qu’il soit suffisamment bon pour marquer la fin de la séance.
Le MRP/IRC refléterait alors l’harmonie et la vitalité du corps.
L’amplitude devrait être large et symétrique.
La force est considérée comme correcte lorsqu’elle est perçue comme bonne et forte.
Bien qu’en général le rythme soit considéré comme normal entre 6 et 12 cycles par minute (cpm), la littérature rapporte de grandes variations allant de 3 à 22 cpm [9].
La Figure 1 montre l’étendue des fréquences décrites dans la littérature, qui ne sont pas facilement attribuables à un rythme physiologique identifié.
Les différents rythmes perçus pourraient dépendre du couple praticien/patient et varier au cours du temps [10][11][12][2][13][14][15][5], ce qui rend la mesure objective et la comparaison difficile, et peut expliquer pourquoi la reproductibilité intra- et inter-examinateur est difficile à obtenir.
Enfin, différentes études peuvent rapporter des rythmes différents sous un même nom.
Certains rythmes ayant des fréquences similaires au MRP peuvent également être obtenus par instrumentation, ce qui pourrait objectiver son existence [10].
Dans une étude récente, Rasmussen et Meulengracht [4] ont démontré l’existence d’un troisième rythme physique (différent des rythmes cardiaque et respiratoire) détecté au niveau de la tête humaine par leur appareil, avec une moyenne de 6,16 cycles/minute (4,25–7,07).
Cependant, l’outil de mesure, bien que validé sur le plan métrologique dans leur laboratoire (Annexe A. Données supplémentaires dans [4]), présente un biais important, similaire à celui de l’outil utilisé par Frymann en 1971 : les mouvements de la tête générés par la ventilation ne sont pas contrôlables [16].
Nelson et al. [17][18][19][20], et plus récemment Pelz et al. [9], ont montré une corrélation statistiquement significative entre les mesures du flux sanguin cutané et la palpation de l’IRC, montrant que les manipulations crâniennes affectent ces paramètres objectifs.
Considérant l’existence d’études sérieuses suggérant que le MRP/IRC pourrait exister et qu’un praticien entraîné pourrait le percevoir, nous avons récemment réalisé une revue systématique structurée de la littérature dans MEDLINE, Science Direct et la Cochrane Library sur ce sujet afin de décrypter les différentes hypothèses des mécanismes physiologiques supposés sous-tendre le rythme MRP/IRC [1].
Cette revue systématique et la Figure 1 montrent que la question de la base physiologique de ce rythme reste controversée.
Le modèle initial proposé par Sutherland n’est plus cohérent avec les connaissances actuelles en physiologie et les explications physiologiques de ce phénomène restent insaisissables.
Les résultats de notre précédente revue systématique ont mis en évidence la nécessité d’un changement de paradigme et d’une évaluation et communication plus rigoureuses d’un modèle en accord avec l’évolution des données scientifiques.
Cela nous a conduits à rédiger la présente revue narrative, qui prend en compte d’autres articles publiés dans le domaine des sciences de la vie pouvant contribuer à une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents au MRP/IRC.
Après une première partie réaffirmant que le modèle de Sutherland n’est plus compatible avec les connaissances scientifiques actuelles, nous étudions les rôles possibles de la vasomotion, du système nerveux autonome, de la microcirculation, du système lymphatique, de la matrice extracellulaire, du réseau fascial et de l’entrainement dans la genèse du MRP/IRC, et nous proposons un modèle intégratif ainsi qu’un changement de paradigme prenant en compte l’ensemble de ces paramètres.
II. Méthodes
Cette revue a été menée conformément aux recommandations développées par Tricco et al. pour la réalisation d’une revue narrative suivant la déclaration PRISMA-AcR [21].
Le cadre théorique de cette revue de portée a été élaboré par une équipe de trois experts (F.M., L.S., A.G.) spécialisés en recherche scientifique (L.S., A.G.) et dans l’enseignement et la pratique clinique de l’ostéopathie (F.M., L.S.).
Le cadre présent est basé sur les résultats et conclusions de l’article de Mériaux et al. [1].
Question de recherche : quelles sont les données scientifiques pertinentes pour évaluer si la recherche contemporaine soutient ou remet en question le modèle empirique du MRP décrit par Sutherland [2][3] ?
Stratégie de recherche : une recherche systématique de la littérature a été finalisée en octobre 2023 dans les bases de données électroniques indexées MEDLINE, ScienceDirect et Cochrane Library [1].
Cette étude a identifié huit domaines de recherche susceptibles de fournir des explications scientifiques au CRI/MRP complémentaires aux cinq piliers de Sutherland : lymphatique ; vasomotion ou vasomotricité ; ondes de Traube-Hering et Mayer ; variabilité de la fréquence cardiaque ; fréquence ventilatoire ; matrice extracellulaire ; hypothèse métabolique ; embryologie.
Une recherche documentaire exhaustive a été menée entre septembre 2024 et février 2025 dans les bases de données PubMed, ScienceDirect, Ostmed.DR et Google Scholar.
Les termes de recherche ont été adaptés à chaque base de données : cranial rhythmic impulse ; primary respiratory mechanism ; Traube-Hering waves, Mayer waves ; cranial osteopathy ; osteopathy in the cranial field ; craniosacral therapy ; cranial osteopathic manipulative medicine ; heart rate variability ; cranial bone mobility ; central link ; vasomotion ; autonomic nervous system ; ventilation ; muscle tone ; microcirculation ; lymphatic system ; glymphatic systems ; extracellular matrix ; training ; embryological movement ; ideomotion ; intracranial pressure.
La recherche a été conduite sans limitation quant au type d’étude, à la population, aux résultats ou à la date de publication.
La sélection des articles a été réalisée en examinant d’abord les résumés des articles éligibles afin de déterminer leur pertinence, puis en étudiant les versions complètes des articles.
Les listes de références des articles identifiés ont également été examinées et une approche d’échantillonnage en boule de neige a été utilisée pour découvrir d’autres études pertinentes.
Critères d’éligibilité : afin d’assurer une couverture complète de la recherche disponible, aucune évaluation formelle de la validité des articles scientifiques sélectionnés n’a été réalisée.
La pertinence de chaque article par rapport au sujet de l’étude a été évaluée de manière critique lors de séances de réflexion entre les experts (F.M., L.S., A.G.).
Les articles ont été analysés, et les mécanismes physiologiques expliquant et/ou invalidant le MRP ont été identifiés afin de répondre à la question de recherche.
Lorsque cela était nécessaire, les articles ont été intégrés dans plusieurs catégories.
À la suite de l’identification des études pertinentes, un total de 157 articles a été analysé et regroupé selon leur pertinence dans les chapitres suivants : la motilité inhérente du système nerveux central et de la moelle épinière ; la fluctuation du liquide céphalo-rachidien ; la motilité des membranes intracrâniennes et intraspinales ; la mobilité articulaire des os crâniens ; le mouvement involontaire du sacrum entre les os iliaques ; l’hypothèse du « lien central » ; CRI/MRP et vasomotion ; CRI/MRP et système nerveux autonome, ondes THM et variabilité de la fréquence cardiaque ; MRP, microcirculation, système lymphatique, matrice extracellulaire et réseau fascial ; MRP et entrainement ; MRP et mouvement embryologique.
Les articles ont été identifiés par un processus en boule de neige, selon lequel les articles identifiés dans la revue systématique de Mériaux et al. [1] ont été étendus sur la base des connaissances des auteurs et des références des articles scientifiques inclus [1].
Les résultats suggèrent que les cinq piliers décrits par Sutherland et Magoun pour définir le MRP pourraient constituer un modèle empirique sans base scientifique.
Néanmoins, la revue de la littérature existante identifie plusieurs mécanismes physiologiques rythmiques, incluant la vasomotion, la variabilité de la fréquence cardiaque, la microcirculation et les ondes de Traube-Hering et Mayer, qui ont le potentiel de contribuer scientifiquement au développement d’un nouveau modèle.
III. Résultats de la théorie de Sutherland
Le modèle de Sutherland est solidement ancré dans la littérature.
Cependant, nous montrerons dans cette section que ce modèle ne s’aligne pas avec les connaissances scientifiques contemporaines.
III.1. La motilité inhérente du système nerveux central et de la moelle épinière
Depuis 1882, de nombreux anatomistes ont observé et décrit le mouvement continu et cyclique de la masse cérébrale et de la moelle, correspondant à une systole et une diastole, qui, selon Sutherland, pourrait agir comme une pompe hydraulique activant le liquide céphalo-rachidien (LCR) [12].
Par la suite, Magoun [2] puis Upledger [15] ont pensé que la production rythmique du LCR par le plexus choroïde mettait en mouvement la masse cérébrale et non l’inverse.
Selon ce modèle de « pressurestat » d’Upledger, le LCR serait sécrété deux fois plus rapidement qu’il n’est réabsorbé, en considérant que certains capteurs dans les sutures crâniennes détecteraient un seuil de pression maximale, et, par un mécanisme de rétroaction, arrêteraient la sécrétion, faisant chuter la pression jusqu’à un minimum.
Ensuite, la sécrétion se réactiverait pour relancer un nouveau cycle.
Ce modèle n’est pas valide car la production du LCR n’est ni intermittente ni rythmique [10].
Lorsque la pression augmente, la réabsorption augmente simultanément avec la surface d’échange des villosités arachnoïdiennes dans les sinus veineux.
Cette description théorique est connue sous le nom de doctrine « statique » de Monro-Kellie [22][23].
Dans des conditions normales, les volumes des trois principaux composants intracrâniens existent dans un état d’équilibre tel que les augmentations du volume d’un composant sont compensées par des diminutions du volume d’un autre.
Cependant, cet équilibre n’est pas immédiat, car les variations de volume sont dynamiques, générant des formes d’onde de pression intracrânienne [24].
Les variations de la forme d’onde de la pression intracrânienne (ICP) sont utilisées dans la surveillance des traumatismes crâniens et de l’hydrocéphalie, et leurs composantes peuvent être analysées au niveau du cuir chevelu à l’aide d’outils non invasifs tels que des capteurs mécaniques placés en contact.
Ces capteurs détectent des déformations micrométriques du crâne battement par battement [25][26][27].
La mesure de petites expansions du crâne comme reflet d’une augmentation de l’ICP a été explorée par Pitlyk et al. dès 1985 [28].
Dans le domaine temporel, le signal ICP se compose de trois composantes qui se chevauchent et se superposent, mais elles sont séparées dans le domaine fréquentiel par différentes périodes d’oscillation en : ondes lentes (0,3-3 cpm) ; ondes respiratoires (8-20 cpm) ; et ondes cardiaques (40-160 cpm) [29][24].
Dans leur étude, Vinje et al. [30] ont mesuré le gradient de pression intracrânienne (ICP) obtenu entre deux transducteurs de pression intracrânienne.
Le spectre de puissance résultant a montré deux pics [30], l’un correspondant au rythme artériel, entre 0,7 et 1,6 Hz (42-96 battements par minute) et l’autre au rythme respiratoire entre 0,15 et 0,4 Hz (9-24 respirations par minute).
Mais de manière intéressante, Vinje a également rapporté que le spectre de puissance de l’ICP révélait des motifs de basse fréquence en dessous de 0,1 Hz (6 cpm), mais les contributions au flux du LCR n’ont pas été prises en compte dans cette étude [30].
En utilisant l’imagerie par résonance magnétique (IRM), Maier et al. [13] ont déjà observé un mouvement du cerveau et du LCR qui semblait lié à l’activité cardiaque et respiratoire.
La masse cérébrale et la moelle se déplaçaient caudalement et médialement (2-3 mm) pendant la systole ; l’inverse se produisait pendant la diastole [11][14].
Lors d’une inspiration, le système nerveux est poussé vers le crâne et le cerveau se rétracte, tandis que lors d’une expiration, le mouvement prédominant est caudal et le cerveau s’expanse [31].
L’origine du mouvement du névraxe est alors cardiorespiratoire et sa fréquence très proche du rythme respiratoire [32], donc légèrement plus rapide que le rythme du MRP.
Globalement, le MRP ne serait pas en relation directe avec le mouvement cérébral ni avec la respiration.
III.2. Fluctuation du liquide céphalo-rachidien (LCR)
Le LCR est un liquide biologique transparent entourant le cerveau et la moelle épinière, entre la pie-mère et l’arachnoïde, dans l’espace sous-arachnoïdien.
Il a un rôle de protection, et transporte les nutriments et les déchets.
Le LCR est principalement sécrété par filtration du sang au niveau du plexus choroïde des ventricules cérébraux [33].
En tant que liquide, le LCR est peu compressible.
Ainsi, il pourrait pousser les membranes qui feraient bouger les os du crâne.
La théorie initiale était que la circulation pulsatile rythmique du LCR pourrait être à l’origine de l’IRC/MRP.
Le flux du LCR est principalement entraîné par le cycle cardiaque et est donc pulsatile.
Les mouvements du LCR sont également influencés par les mouvements respiratoires, la posture, la pression des veines jugulaires, la pression artérielle et l’activité physique [34][35][30].
Le mouvement de la paroi artérielle est le principal mécanisme moteur, via un processus appelé pompage périvasculaire, et ainsi la vitesse de la paroi artérielle correspond à celle du LCR.
Le volume total est d’environ 150 ml, renouvelé quotidiennement trois à quatre fois (environ 500 ml produits par jour) [36].
La vision dominante est que le LCR descend dans les différents ventricules, puis dans l’espace sous-arachnoïdien pour être finalement réabsorbé principalement au niveau crânien par les systèmes lymphatique et veineux.
Nous savons maintenant que le système veineux ne draine que 30 % du volume total tandis que le système lymphatique nasal constitue en réalité une part majeure du drainage crânien du LCR (40 % du volume total) le long des nerfs crâniens (lame criblée de l’os ethmoïde) [37].
Environ 25 % est drainé au niveau spinal, par les villosités arachnoïdiennes des veines spinales à l’émergence des nerfs spinaux.
Une petite quantité diffuse également légèrement à travers l’arachnoïde et la dure-mère vers les tissus conjonctifs environnants puis vers les réseaux veineux et lymphatiques [37][38].
La théorie de Sutherland postulait que le LCR était en continuité avec le reste de l’organisme, s’étendant vers le système lymphatique, les voies périvasculaires et périneurales.
Cette hypothèse suggère que la perception du rythme du LCR pourrait être ressentie n’importe où sur le corps [2].
Cependant, selon Sakka et al. [38], il n’existe pas de continuité entre le LCR et la périphérie car l’espace sous-arachnoïdien se rétrécit près du pôle proximal du ganglion et se termine dans un cul-de-sac clairement défini anatomiquement.
La continuité se fait avec les espaces périvasculaires ou de Virchow-Robin, qui semblent plutôt drainer le liquide interstitiel du cerveau.
Les trabéculations et les ligaments de l’arachnoïde ralentissent et entravent le flux du LCR, rendant le mouvement plutôt anarchique, et la circulation très lente (1 cm/heure) et ni constante ni linéaire.
Cependant, les avancées techniques et méthodologiques ont maintenant démontré que le LCR diffuse dans le système nerveux périphérique (SNP).
Une étude de Ligocki et al. a montré que le LCR suit la distribution de nanoparticules d’or de 1,9 nanomètre du SNC vers le SNP au niveau des zones d’attache/transition des racines et se distribue dans le périnèvre et l’endonèvre, atteignant finalement l’axoplasme des nerfs périphériques distaux [39].
Pessa et al. [40] ont montré que la perfusion ventriculaire et les nanoparticules peuvent être utilisées pour identifier le flux du LCR et la circulation glymphatique dans les gaines nerveuses humaines.
Le flux du LCR dans les nerfs peut être conceptualisé comme un système circulatoire ouvert [40].
Il ne semble pas exister de flux véritablement continu et palpable, pas de flux et reflux tel que familier aux ostéopathes, pas de rythme dans la production ou le drainage du LCR.
Au sein du crâne et du canal spinal, la circulation du LCR est soumise aux variations de pression intrathoracique induites par la ventilation.
Lors de la ventilation, le flux du LCR sert à contrebalancer le flux sanguin veineux.
L’inspiration, qu’elle soit volontaire ou forcée, entraîne une augmentation du volume de LCR se dirigeant vers la tête, l’expiration entraînant ensuite un déplacement caudal du flux [41][32].
Ces observations témoignent d’un couplage étroit entre le LCR et le système veineux, qui réagit aux variations de pression induites par la respiration [41][32].
La vitesse varie selon la localisation : elle est la plus lente aux points les plus éloignés du site de production et des artères crâniennes, avec un flux minimal ou nul observé au niveau lombaire [36].
En conclusion, un mouvement d’expansion/rétraction du cerveau est lié à la respiration [30] plutôt qu’à des variations de pression du LCR qui sont en réalité trop faibles pour influencer le système crânien [10].
De plus, il n’existe aucune continuité liquidienne entre le réservoir de LCR et la périphérie du corps à aucun point.
Il semble donc difficile d’attribuer les mouvements du LCR à l’IRC/MRP perçu par les ostéopathes.
Le LCR est d’une importance significative dans la philosophie de l’ostéopathie crânienne et, en augmentant les fluctuations, pourrait jouer un rôle crucial dans l’amélioration de l’état d’un patient.
Cependant, il ne semble pas être à l’origine du MRP discuté ici.
III.3. Motilité des membranes intracrâniennes et intraspinales
Les membranes durales font partie des enveloppes membraneuses appelées méninges qui entourent le cerveau et le SNC.
La dure-mère s’attache à certains os crâniens en intracrânien et peut avoir des portions externes à travers les sutures du crâne [42].
En outre, la dure-mère s’attache aux os cervicaux supérieurs et au sacrum, et il existe des attaches tout le long de la colonne vertébrale [43][44][45].
Dans le crâne, la faux du cerveau et la tente du cervelet font partie du système de la dure-mère et forment une structure qui maintient tous les os ensemble.
Sutherland appelait cela la « membrane de tension réciproque » du crâne humain.
Sutherland pensait que les variations de tension de la dure-mère joueraient un rôle dans le déplacement des os auxquels elle est attachée et qu’il ne pourrait y avoir de mécanisme réciproque si elle n’était pas continuellement tendue [3].
Le crâne se déplacerait en rythme, à travers des phases dites d’inhalation et d’exhalation, entraîné par le mouvement des tensions changeantes dans les membranes de tension réciproque.
La dure-mère a une épaisseur moyenne d’un millimètre, avec des propriétés viscoélastiques anisotropes (elle n’est donc pas inextensible comme certaines théories ostéopathiques le prétendent) [46].
Les résultats de Al-Habib et al. [47] sont cohérents avec les connaissances anatomiques fondamentales selon lesquelles la dure-mère possède le plus grand degré d’élasticité, suivie par la pie-mère et enfin la moelle épinière [47].
Ils démontrent également que la moelle épinière comprimée présentait une rigidité significativement plus grande par comparaison avec son équivalent non comprimé [47].
Ces résultats sont cohérents avec les résultats de Royo-Salvador et al. [48][49] sur le conflit de croissance craniocervical, où il a été démontré que l’étirement du filum terminale peut entraîner une compression de la moelle épinière, ainsi qu’une traction, tirant ainsi le cervelet dans le foramen magnum.
Les procédures de détachement du filum terminale ont été associées à un déplacement crânial du cône médullaire [48][49].
Les méninges transmettent les forces mécaniques de l’extérieur vers l’intérieur (traumatisme), et de l’intérieur vers l’extérieur [3].
De plus, ce sont des structures qui reflètent les variables mécano-métaboliques de l’environnement dans lequel elles résident, changeant leur capacité à gérer le stress et modifiant leur structure intrinsèque au fil du temps [50].
Selon Bordoni et al., les méninges seraient donc capables de s’adapter aux stress et aux contraintes, et ne sembleraient pas assez rigides pour tirer les os, sauf lorsqu’elles ont tendance à s’ossifier (ce qui peut arriver avec l’âge, en particulier dans les sinus de la dure-mère), affectant la transmission des forces mécaniques [50].
Cependant, au vu des données actuelles, on pourrait supposer que si une tension (pression ou traction) vient du cerveau vers la peau, les différentes couches devraient amortir et ralentir la vitesse de propagation des forces de tension produites [51].
Selon Bordoni [50], les propriétés viscoélastiques du fascia amortiraient l’onde allant du crâne vers la périphérie de la même manière que l’onde allant de l’intérieur vers l’extérieur du crâne.
Par conséquent, l’onde de l’IRC/MRP devrait également diminuer avec la distance à l’axe vertébral.
Cependant, les ostéopathes utilisant le MRP/IRC observent et décrivent habituellement une fréquence égale, voire synchrone, en tous les points du corps ; ainsi, cette hypothèse paraît erronée.
III.4. Mobilité articulaire des os crâniens
La première hypothèse proposée en 1939 par Sutherland était que le MRP ressenti au niveau crânien était dû au mouvement des os crâniens tirés par les membranes, elles-mêmes poussées par la fluctuation du liquide céphalo-rachidien.
Il pensait que le crâne pouvait conserver une flexibilité relative au niveau des sutures du crâne chez l’adulte.
Historiquement, le mouvement des os crâniens était considéré comme une impossibilité anatomique et il reste encore le phénomène le plus controversé du MRP [52].
L’argument principal des défenseurs de la théorie de la mobilité des os du crâne est que les sutures qui articulent les différentes parties du crâne ne s’ossifient jamais complètement [53][54].
Bien que la fermeture des sutures soit un processus graduel, des spicules osseux apparaissent bien avant la fusion complète des sutures [54].
La rigidité du crâne humain augmente avec l’âge avec une énorme variabilité entre les individus et entre les sutures [55].
La calcification de la plupart des sutures commence à l’âge de 20 ou 30 ans [56] et la fin de ce processus est extrêmement variable selon les individus et les types de sutures [57][58][59].
Au-delà de l’âge de 60 ans, la plupart des sutures sont complètement ossifiées [60].
En revanche, certains ostéopathes ne rapportent aucune difficulté particulière à percevoir ou à raviver l’IRC/MRP chez les personnes âgées [61].
L’amplitude et la force du MRP ne semblent pas diminuer progressivement avec l’âge, comme on pourrait s’y attendre si elles étaient effectivement liées à une diminution de la mobilité articulaire au sein des sutures à mesure qu’elles fusionnent progressivement au fil du temps.
Dans le modèle crânien ostéopathique, l’articulation qui représente le moteur de la biomécanique crânienne et à laquelle sont attribuées les différentes dysfonctions imaginées par Sutherland est la synchondrose entre l’os occipital et l’os sphénoïde, la fameuse synchondrose sphénobasilaire [2][3].
La synchondrose sphénobasilaire commence à subir un processus d’ossification avant la puberté, avec un départ intracrânien, pour se terminer au cours du cycle pubertaire [46].
Les sutures du chondrocrâne humain fusionnent progressivement durant l’enfance et l’adolescence, atteignant une fusion complète une fois que la tête a terminé sa croissance [60][62][63].
Ainsi, le crâne adulte possède une synchondrose sphénobasilaire ossifiée et, d’un point de vue scientifique, il n’est pas possible de considérer cette articulation comme le principe du mouvement crânien ou comme la cause des diverses dysfonctions décrites en ostéopathie, et les explications des approches manuelles visant à libérer cette articulation ossifiée devraient être reconsidérées [46].
Certains auteurs ont tenté de prouver qu’une pression commune appliquée par le praticien (5 à 10 g) pourrait déplacer les sutures.
Downey et al. [64] ont émis l’hypothèse que de faibles charges appliquées à l’os frontal de lapins anesthésiés, simulant la technique ostéopathique de frontal lift, entraîneraient des changements significatifs et un mouvement au niveau de la suture coronale, mais ils n’ont pas réussi à le prouver.
Une force de 50 kg devrait être appliquée au crâne du lapin pour déplacer une suture de 1 mm, pour un niveau d’ossification comparable à celui d’un humain âgé de 20 à 30 ans [65], et 15 kg pour un enfant humain, ce qui est bien supérieur aux 5 à 10 g recommandés en ostéopathie crânienne [66].
Les scientifiques ont longtemps supposé que les os crâniens étaient fusionnés et ne pouvaient pas bouger, mais il existe maintenant des preuves considérables qu’il existe une flexibilité crânienne [67][55] comme dans le reste des tissus du corps.
Le tissu osseux possède des propriétés viscoélastiques car il contient de l’élastine et du collagène et ensemble ils assurent une capacité de déformation mécanique d’environ 10 %-15 % [46].
Starkey [61] décrit l’anatomie du clivus sphénoïdal et montre qu’il est spongieux et donc malléable, dur et épais et donc immobile.
Cook [68] évoque une flexibilité plutôt qu’une mobilité des os du crâne tandis que Seimetz et al. [55] suggèrent une possible motilité des os crâniens.
Même s’il fait partie des matériaux les plus durs du corps, l’os se déforme pendant la fonction normale et plus évidemment pendant un traumatisme.
Dans de nombreuses études, le mouvement crânien a été induit par diverses contraintes internes et externes sur le crâne à travers des spécimens animaux et humains.
En utilisant l’IRM, Crow et al. [69] ont effectivement observé la variation des mesures de différents points du crâne sans intervention/intention humaine.
Ils ont trouvé des valeurs statistiquement différentes pour la surface, la largeur, la hauteur et les mesures du grand axe, mais pas pour le périmètre et le petit axe, ce qui ne correspond pas à l’expansion et à la rétraction ressenties par les ostéopathes.
Le modèle crânien de Sutherland fait peu référence à l’action des muscles.
Cela est possiblement dû au fait qu’il analysait des os secs, comme cela se faisait dans d’autres premiers modèles ostéopathiques.
Cependant, selon Gabutti et al. [70], une grande quantité de recherches sur les propriétés mécaniques des os crâniens et des sutures confirme que la contraction musculaire est l’une des causes principales de la déflexion des os crâniens [71].
Les sutures crâniennes, en raison de leurs propriétés viscoélastiques et de la constitution de la matrice extracellulaire qui les entoure, riche en fibres de collagène, protéoglycanes et eau, sont évidemment plus flexibles que l’os adjacent [70].
Plutôt qu’une mobilité, les sutures jouent un rôle dans l’absorption de l’énergie et la transmission des forces [72][73].
Les propriétés biomécaniques du crâne humain/de la suture crânienne diffèrent selon l’âge et les couches (diploé, tables interne et externe) [74].
Les sutures peuvent affecter la manière dont la tête se déforme, mais la tête se déforme quand même même si elles sont fusionnées et la densité des sutures (en fonction de leur fermeture) pourrait être un facteur limitant de l’amplitude du mouvement [70].
Pour conclure, il existe bien un mouvement des os du crâne, mais pas nécessairement entre eux.
Les mesures de l’amplitude du mouvement au niveau de la suture sagittale dans les études de Adams et Heisey sont de l’ordre de 300 μm [75][52].
La mobilité crânienne serait donc due à une déformabilité du crâne dans son ensemble, sous l’influence de la pression intracrânienne, de la fluctuation du LCR ou des tensions des membranes et des forces externes telles que les muscles de la tête et leurs tissus conjonctifs, traversés par les vaisseaux sanguins dont la motilité pourrait déformer le crâne [76].
En effet, Moskalenko et al. [76] ont mesuré des changements rythmiques de la forme et du volume du crâne en utilisant des scans NMR sériés.
Ils ont confirmé un taux de 6 à 15 cpm et l’extensibilité physique du crâne osseux et ont observé une expansion du crâne de 0,2 à 0,4 mm immédiatement après l’injection de 20 ml de liquide dans l’artère carotide, et ont ainsi vérifié l’effectivité de l’augmentation du volume crânien [76].
La mobilité crânienne serait donc davantage une conséquence qu’un composant du MRP, un effet plutôt qu’une cause, et nous devons reconsidérer le modèle de Sutherland.
Du point de vue du traitement ostéopathique, nous ne remettons pas en question la possibilité de libérer, comme n’importe quel autre fascia, une suture crânienne de sa tension, quel que soit son niveau d’ossification.
On pourrait imaginer, comme dans l’article de Hamm [77], qu’une densification des tissus par polymérisation des fibres de collagène solidifiant les deux bords d’une suture et provoquant une fixation [77].
Le traitement ostéopathique crânien consisterait alors à assouplir la zone comme à d’autres niveaux du corps mais pas nécessairement à restaurer un mouvement des os du crâne entre eux.
III.5. Le mouvement involontaire du sacrum entre les os iliaques. L’hypothèse du « core link »
Sutherland suggérait que la dure-mère était inextensible, de sorte que la traction venant du crâne en relation avec le mouvement des os crâniens entraînerait le mouvement du sacrum [2][3].
Cependant, si la dure-mère était si rigide, pourrions-nous nous pencher ?
En réalité, elle possède une élasticité et des expériences montrent que dans une position neutre de la colonne vertébrale, la gaine dure-spinale présente des plis, suggérant que les tissus sont relâchés [78].
L’étude de Al-Habib et al. [47] démontre que la dure-mère présente un degré d’élasticité double de celui de la pie-mère, et triple de celui de la moelle épinière [47].
On observe que la longueur du canal spinal varie entre la flexion et l’extension de la colonne de 19,4 mm ± 6,4 mm [79].
Par conséquent, il n’existe aucune étude concrète pour prouver cette théorie.
Cella et al. [80] ont étudié la connexion occiput-sacrum d’un point de vue neurophysiologique.
La technique sacrée n’a pas produit de changements immédiats sur la puissance alpha de bande du cerveau occipital.
Inversement, la technique crânienne « compression du quatrième ventricule » (CV4), comme des preuves antérieures le soutenaient [81], a généré des effets immédiats, suggérant une base biologique différente pour la connexion entre la tête et le sacrum dans la thérapie ostéopathique.
De ce pilier émerge l’idée d’une unité et d’une synchronisation des fréquences observées au niveau du crâne et du bassin, et par extension dans tout le corps.
Tous les ostéopathes ne sont pas d’accord sur ce point.
Moran et Gibbons [82] n’ont pas pu démontrer une synchronisation entre les rythmes palpés de la tête et du sacrum.
Rogers et al. [83] n’ont montré aucune correspondance entre les rythmes de la tête et du pied lorsque deux examinateurs palpèrent simultanément le MRP.
On peut émettre l’hypothèse que les résultats auraient pu être différents s’ils avaient d’abord « rééquilibré » leurs patients.
Il serait intéressant de mener d’autres études expérimentales mesurant le MRP à différents sites corporels, avant et après des séances d’ostéopathie, avec les mêmes praticiens et avec des praticiens différents, de manière aveugle.
Au vu des résultats de Al-Habib et al. [47] et de Royo-Salvador et al. [48][49], dans le cas d’une transmission d’un mouvement se propageant du crâne au sacrum, celle-ci devrait être transmise par la moelle et le filum terminale, qui est attaché au coccyx et non au sacrum [47][48][49].
Cela ne correspond pas au modèle de Sutherland [2][3].
En conclusion de cette partie, nous avons montré que la conception de 1939 de Sutherland de la base physiologique de l’IRC/MRP, encore enseignée comme un dogme, est remise en question par les connaissances scientifiques actuelles.
Nous allons maintenant passer en revue diverses hypothèses ou nouveaux modèles explicatifs qui pourraient être pris en considération et confrontés aux données scientifiques afin de voir émerger un futur modèle consensuel.